Parquet flottant et humidité : les signes avant le gonflement

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Un parquet flottant ne gondole pas du jour au lendemain. Avant que les lames ne godillent ou que les joints ne se marquent en creux, plusieurs signes annoncent le gonflement pendant des semaines, parfois des mois — encore faut-il savoir les lire.

Le bois stocke l’humidité avant de la montrer

Un parquet flottant est composé de lames en HDF ou en bois massif posées sur une sous-couche, sans fixation au support. Cette sous-couche, quand elle intègre un pare-vapeur en polyéthylène, protège le bois de l’humidité remontant d’une dalle béton récente ou d’un sol sur vide sanitaire mal ventilé. Sans cette barrière, ou si elle est percée, le bois absorbe l’humidité par capillarité bien avant que l’œil ne détecte quoi que ce soit en surface.

Les signes qui précèdent le gonflement

Quatre indices se succèdent généralement dans cet ordre :

  • Un bombement léger au centre des lames, perceptible surtout pieds nus, avant toute ouverture visible des joints.
  • Un bruit de craquement nouveau à certains endroits, signe que les lames ne glissent plus librement les unes sur les autres.
  • Des joints qui se resserrent puis se marquent en relief, en particulier le long des murs porteurs ou sous une baie vitrée.
  • Une légère décoloration du bois, souvent près d’une plinthe ou d’un point d’entrée d’eau connu.

À ce stade, le gonflement n’est pas encore irréversible. Une fois que les lames se soulèvent franchement en creux de vague, en revanche, la déformation du panneau intérieur est le plus souvent définitive.

Vérifier avant que ça n’empire

Le point de contrôle le plus utile reste le joint de dilatation périphérique laissé entre le parquet et les murs, habituellement masqué par la plinthe. Un parquet posé sans cet espace ne peut pas absorber sa propre dilatation naturelle au fil des saisons : il pousse alors contre les murs et se déforme en voûte au centre de la pièce, même sans excès d’humidité extérieure. Retirer une plinthe en angle de pièce permet de vérifier en quelques minutes si ce jeu a été respecté à la pose.

Un taux d’humidité ambiant mesuré simplement à l’hygromètre donne une autre indication fiable : au-dessus de 65 % de façon prolongée, en particulier dans une pièce mal ventilée après une douche ou un séchage de linge, le bois finit par gonfler même posé dans les règles. L’Ademe recommande une aération quotidienne des pièces humides, y compris en hiver, précisément pour limiter ce type de désordre.

Les habitudes qui aggravent le risque

La serpillère trop mouillée reste l’erreur la plus commune sur un parquet flottant : l’eau s’infiltre par les joints avant même de sécher en surface, avec le même effet à répétition qu’une petite fuite invisible chaque semaine. Un balai microfibre à peine humide, suivi d’un séchage rapide au chiffon sec, protège bien mieux le bois qu’un lavage à grande eau. Faire sécher du linge dans la pièce, chauffer sans jamais aérer, ou poser un parquet contre un mur encore frais après des travaux récents entretiennent le même risque, de façon plus discrète, sans qu’on associe immédiatement la cause à l’effet des semaines plus tard.

Ce qui se rattrape, ce qui ne se rattrape plus

Un léger bombement détecté tôt se résorbe souvent seul une fois la source d’humidité supprimée et la pièce correctement ventilée pendant plusieurs semaines. Des lames franchement soulevées, ou dont le cœur en HDF a éclaté en surface, ne reprennent en revanche pas leur planéité : elles doivent être remplacées, ce qui suppose généralement de déposer plusieurs rangées pour atteindre les lames abîmées, le parquet flottant s’assemblant par clipsage continu.

Conserver quelques lames de la pose d’origine, dans un carton à l’abri de l’humidité, évite bien des mauvaises surprises le jour où un remplacement s’impose : les teintes des parquets stratifiés évoluent d’un lot de fabrication à l’autre, et une lame de remplacement achetée des années plus tard tranche presque toujours avec le reste de la pièce, même chez un fabricant identique.

Avant de commander un remplacement, mieux vaut faire constater l’origine de l’humidité par un professionnel : un devis qui ne traite que le symptôme, sans corriger l’apport d’eau ou de vapeur, expose au même désordre l’année suivante. Le même principe vaut pour un sol en pierre ou en carrelage voisin, où une humidité de dalle peut migrer d’une pièce à l’autre sans qu’on l’ait anticipé.


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